Le Manchuria Kung Fu

Quelles sont les origines du Manchuria Kung Fu ?

Cet art de combat tire ses sources sous le règne de la dynastie Qing, originaire de la mandchourie (Nord du territoire chinois, Manchuria en anglais) d’où il tire son nom (il est parfois appelé « Mansuria Kung Fu »). Il s’est développé au sein de la garde impériale tout au long de cette dynastie (1644-1911) et de ses conquêtes. Bien que ce style soit marqué par son origine du Nord, les conquêtes historiques expliquent l’intégration de certaines techniques animales ou de certaines armes traditionnellement issues du Sud de la Chine.

Comment le Manchuria Kung Fu s’est-il diffusé ?

Ce n’est qu’après la chute de l’empire Qing, en 1911, que ce Kung Fu fût diffusé en dehors de l’armée impériale : Maître Wong, membre de cette armé, s’exila aux Etats-Unis et créa une école à San Fransisco afin de transmettre le Mansuria Kung Fu (baptisé ainsi au vu de son origine). Un des meilleurs élèves de cet école, le Maître Kalaï Achony Lee s’installa à Hong-Kong où il forma son meilleur élève : R. Shekhar, d’origine indienne. Ce dernier fut initié aux secrets de cet art ancestral, et devint Maître de la discipline. De retour en Inde, il développa et diffusa ce style, au sein de l’école qu’il fonda près de Madras, baptisée « École de Mansuria Kung Fu International ».
Il contribua également à son rayonnement international, en formant des représentants de différents pays tels que la France, le Népal, le Koweït, l’Arabie Saoudite… Le représentant officiel du Manchuria Kung Fu en France et à l’international est aujourd’hui le Maître Mathieu Derosière (le fondateur de la Manchuria Kung Fu School of Chinese Martial Arts).

Que peut-on dire de l’évolution du Manchuria Kung Fu en France ?

Dans les années 80, après un voyage touristique en Inde, Mr P. Valabrègue découvrit le Manchuria Kung Fu. Il retourna plusieurs fois en Inde et ouvrit une école à Paris. Dans les années 90, Mr J. Tobo, un élève de cette école originaire de la Somme, retourna dans sa région pour faire découvrir à son tour le Kung Fu. Tous deux arrêtèrent ce style de Kung Fu et trouvèrent leur voie dans les styles internes.
Le Maître M. Derosière, originaire de la Somme, découvrit le Kung Fu en 1993 auprès de ces instructeurs. Désireux de se perfectionner, il partit en Inde et y découvrit les vraies valeurs et racines de cet art martial traditionnel auprès du Grand Maître R.Shekhar. Le 6 septembre 2015, en l’honneur du Grand Maître (né un 7 septembre), Maître M. Derosière a inauguré sa propre école internationale de Manchuria Kung Fu (Manchuria Kung Fu School of Chinese Martial Arts) à Beuvry dans le Nord-Pas-De-Calais. Le 8 avril 2017, il a ouvert une seconde école à Saint-Etienne dans la Loire.

Quelles sont les styles de combats pratiqués dans le Manchuria Kung Fu ?

Ce Kung Fu est basé sur l’apprentissage de 12 styles à mains nues différents ainsi que de 35 styles d’armes

Les styles à mains nues

ls sont principalement inspirés des comportements animaux (mais pas uniquement). On peut distinguer trois grands thèmes permettant de classer la plupart des styles selon leur caractéristique principale :

  • Les styles axés sur la fluidité : on y trouve les styles du Serpent, de l’Homme Ivre, du Singe. Leurs particularités (malin, imprévisible, acrobatique) se retrouvent dans les mouvements correspondant à ces styles.
  • Les styles axés sur la précision : on y trouve le style du Coq et du Manchuria (mante religieuse) qui sont des styles où l’on travaille des attaques précises principalement dirigées sur des points stratégiques.
  • Les styles axés sur la puissance : on y trouve le style du Dragon, du Tigre, du Léopard, de l’Aigle, qui eux sont rapides, puissants, stables. Ils pratiquent souvent les saisies et démontrent une certaine agressivité.

Viennent s’ajouter à ces trois grandes catégories de styles :

  • Le style du Bouddha (représente la sagesse) ;
  • Le style de poings (dit Quans).

Chacun de ces styles est différent : chaque animal à ses propres attitudes naturelles, ses propres stratégies d’attaque, de survie ou de défense. On retrouve rarement les stratégies d’un style dans les autres styles.

Les armes

Nous pratiquons le maniement d’armes traditionnelles chinoises ainsi que d’armes très connues dans le monde des arts martiaux japonais comme le saï, le tonfa, le yawara. Bien qu’utilisant des armes d’origine nippone, les techniques associées sont propres au style du Manchuria Kung Fu. Les armes sont réparties en trois groupes distincts : les armes courtes, longues et dites articulées (ou à sections). Cette diversité apporte aux pratiquants un large éventail de possibilités.

Les styles pratiqués peuvent se retrouver dans d’autres disciplines.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du Manchuria Kung Fu ?

La spécificité du Manchuria Kung Fu réside dans le fait que l’ensemble de ces styles font partie intégrante de cet art de combat : tous réunis en une seule école, ils en font un art de combat puissant, rapide, efficace, précis. La diversité des styles pratiqués rend plus facile l’adéquation entre la morphologie du pratiquant et un style animal particulier : par exemple, une personne mince et grande sera plus à l’aise dans un style axé sur la fluidité (Singe, Serpent, …) alors qu’une personne robuste et trapue se retrouvera plutôt dans un style axé sur la puissance (Dragon, Tigre, …). C’est dans ce sens que la diversité des techniques composant le Manchuria Kung Fu permet à chacun de s’épanouir selon sa morphologie et ses aspirations personnelles.

Comment reconnaitre le Manchuria Kung Fu dans la pratique ?

Outre le fait que le Manchuria Kung Fu repose sur l’apprentissage de nombreux styles à mains nues permettant de développer la fluidité, la précision et la puissance en une seule discipline, plusieurs spécificités du Manchuria Kung Fu le distinguent des autres disciplines dans la pratique :

  • En self-défense, le style Manchuria intégre toujours une touche en plus par rapport aux techniques communes : la maîtrise de l’adversaire se fait avant la touche au sol, et non pas une fois que l’adversaire est au sol.
  • La biomécanique (ou body action) est un fondement essentiel de la pratique du Manchuria Kung Fu : la compréhension et l’application de cette compréhension de la biomécanique permettent d’optimiser la puissance et l’efficacité des mouvements, en utilisant les relations existantes entre les structures et les fonctions, c’est-à-dire entre les parties du corps et les mouvements. Cette intégration de la biomécanique se retrouve visuellement dans l’expression du corps du pratiquant et la continuité de ses mouvements.
  • L’adaptation à tous styles d’adversaires est une des caractéristiques importantes du Manchuria Kung Fu : on retrouve de nombreuses techniques de combats dîtes « classiques » (hors style animal), pieds poings, blocages, coups de coudes, genoux etc, et, en self-défense, les projections font partie intégrante de l’art Mandchou. Ces « fondamentaux » des arts martiaux permettent au pratiquant du Manchuria Kung Fu de s’adapter au mieux au style de son adversaire, tout en conservant des stratégies différentes propres au Manchuria Kung Fu (pratique rigide lorsque cela se justifie ou souple pour contrer un adversaire au style rigide).

Quels sont les bienfaits du Manchuria Kung Fu ?

Fondé sur des valeurs applicables dans la pratique sportive mais également dans la vie (respect, sérénité, maîtrise de soi), le Manchuria Kung Fu est un art ancestral qui permet à tout pratiquant de s’épanouir pleinement et à son rythme. Avec de nombreuses années de pratique, l’adepte pourra bénéficier de bienfaits dans la vie de tous les jours (assurance, confiance en soi, adaptabilité) et pourra constater des répercussions positives sur sa santé.
Au niveau sportif, le caractère complet du Manchuria Kung Fu donne au pratiquant la connaissance de techniques très variées lui permettant de s’adapter au mieux à toutes les situations.