Généralités sur le Kung Fu

Qu’est ce que le Kung Fu ?

Le Kung Fu, également connu sous le nom d’arts martiaux chinois ou de boxes chinoises, englobe des centaines de styles de combat à mains nues ou armés, développés en Chine depuis des siècles. Le terme Kung Fu dérive de gongfu (功夫) dont la traduction littéraire est indépendante des arts martiaux. D’une part, la sémantique du mot gong fait référence à un homme de métier qui par un apprentissage auprès d’un maître a acquis des techniques et un savoir-faire (au sens de l’artisanat). D’autre part, fu désigne l’énergie qui a été investie dans l’acquisition de ces techniques. Le Mansuria Kung Fu (ou Kung Fu Mandchou) est un style de Kung Fu très complet qui montre des caractéristiques aussi bien du nord de la Chine que du sud.

Pourquoi pratiquer un art martial et en particulier le Kung Fu ?

La motivation se développe avec la pratique, tout comme la puissance et la volonté. Bien évidemment, les raisons qui peuvent pousser à pratiquer un art martial sont multiples :

  • Développer ses capacités physiques (le Mansuria Kung Fu est un art très adapté à la croissance des enfants dans la mesure où il est basé sur le développement musculaire et sur les étirements).
  • Améliorer sa coordination, ses réflexes, sa vigilance, sa rapidité, etc.
  • Pratiquer une activité physique permettant de se défouler.
  • Reprendre confiance en soi (après une période de maladie par exemple).

Quelles sont les caractéristiques générales du Kung Fu ?

Comme pour la pluspart des arts martiaux, le Kung Fu est axé sur une étude d’enchaînements de techniques (appelés katas dans les arts martiaux japonais ou taolus dans les arts martiaux chinois). Cette étude a une application directe dans le combat et constitue la base des attaques et des parades réalisées. L’absence d’intention réelle de nuire dans les arts martiaux permet de travailler des situations dangereuses telles que l’affrontement à mains nues contre un couteau ou un sabre. La pratique d’un art martial ne se limite pas à ces enchainements de techniques, même s’ils sont un pôle important de la transmission. La pratique d’un art martial et, a fortiori du Kung Fu, va au-delà de l’acquisition de techniques de combat, et peut se traduire idéalement par un épanouissement aussi bien physique que spirituel.

Quelles sont les techniques essentielles dans le Kung Fu ?

Le Kung Fu est un art martial externe, dont les techniques sont basées sur des positions et des postures particulières du corps. L’intérêt de la posture est multiple :

  • Renforcer les muscles, os et articulations des jambes et du reste du corps afin de frapper et d’être frappé sans blessure.
  • Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions, en exposant le moins possible ses points vitaux.
  • Mettre le corps dans des positions optimales pour enchaîner les techniques offensives et défensives. L’étude des comportements naturels des animaux lors de combats a permis de fonder des techniques spécifiques que l’on retrouve dans les différents styles de combat.
  • Forger la volonté en tenant longtemps la même posture.

Ces positions, qui sont initialement des positions de travail, vont être appliquées lors des combats.

La technique de respiration est essentielle dans tout art martial. Émanant du ventre, la respiration accompagne les mouvements du pratiquant : chaque mouvement correspond soit à une inspiration, soit à une expiration. L’expiration ventrale va permettre l’expulsion du mouvement en accroissant sa puissance.
La respiration est un élément à part entière du mouvement conformément aux principes biomécaniques. La respiration, relayée par la voix du pratiquant, peut constituer un élément de surprise pour déstabiliser l’adversaire ou lui faire peur.

Qu’est ce qu’un Tao ou Taolu ?

On trouve dans le Kung Fu de très nombreux combats chorégraphiés, appelés Taos, qui opposent le pratiquant à des adversaires imaginaires. Ces séquences, de difficultés variables, et constituées d’une dizaine à plusieurs centaines de mouvements, servent à l’entraînement individuel du pratiquant.
Les Taos sont propres à chaque école, à chaque style. Il en existe pour le combat à mains nues comme pour le combat armé. Le Maître, appelé Sifu, tente de le transmettre à son élève en conservant l’essence de l’art.

Quelle est l’histoire du Kung Fu ?

Retracer l’histoire précise du Kung Fu est un exercice compliqué puisque peu de sources sûres existent alors que de nombreux styles se développés aux cours siècles. Cependant, les grandes lignes de son histoire sont connues et font généralement consensus (même si quelques variantes ponctuelles apparaissent). L’histoire du Mansuria Kung Fu se heurte aux même difficultés, d’autant plus qu’il s’agit d’un style longtemps resté confidentiel et uniquement transmis au sein de la garde impériale chinoise.

Le Kung Fu serait né de la combinaison d’une boxe indienne et d’une lutte gréco-romaine ancestrales, « importées » dans la Chine antique par un prêcheur bouddhiste venu d’Inde, Bodhidharma. Vers l’an 525, durant son voyage en Chine, il découvrit le monastère Shaolin, dont les moines étaient en piteux état physique, du fait de leur état contemplatif.
Il développa des exercices qu’il leur enseigna afin d’unir l’harmonie spirituelle et la force physique. Pour permettre aux moines de se défendre des animaux et des brigands qui rodaient autour du monastère, il leur enseigna 18 mouvements de bases.
Le Kung Fu était en partie né, et, avec des années de pratique et d’observation de la nature et des animaux en particulier, les moines Shaolin développèrent leur art de combat.